Une vie après la retraite…

Mon nom doit être familier pour certaines personnes, mais, pour ceux qui ne savent pas qui je suis, je commencerai ma présentation en disant “je m’appelle Dulce Rodrigues, je suis portugaise et retraitée, mais en pleine activité créative”. Lisbonne est ma ville-berceau et j’y ai vécu une grande partie de ma vie. Mais malgré le fait que je porte ma ville et mon beau Portugal toujours dans mon coeur, depuis quelques années déjà je partage ma vie aussi avec la Belgique et j’aime voyager vers d’autres contrées plus ou moins lointaines ; je suis un peu comme le vent – toujours en déplacement.

La vie nous joue parfois de drôles de tours et c’est ainsi que, malgré ma totale aversion contre la guerre et la violence en général, mes carrières professionnelles à l’étranger se sont toujours développées au sein d’organisations militaires. Dans les années 60 en Allemagne, j’ai été traductrice allemand/anglais auprès du ENGCOMEUR, dans d’autres mots le Commandement en Europe du Génie des Forces Armées Nord-américaines, une organisation qui dépendait du Ministère de la Défense des États-Unis. Plus tard, déjà dans les années 80 et au Luxembourg, j’ai travaillé à la NAMSA, l’Agence d’entretien et ’approvisionnement pour les pays appartenant à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Ces quelques lignes s’adressent à quiconque sera un jour un retraité, en lui assuran qu’il y a une vie après la retraite, très souvent beaucoup plus réjouissante et extraordinaire que celle vécue pendant nos années d’activité professionnelle.

La règle pour une “carrière” agréablement remplie après la retraite comprend trois principes capitaux: faire ce qui nous plait, comme cela nous plait et quand cela nous plait de le faire! Et ce postulat est d’autant plus vrai lorsque pendant notre vie professionnelle – pour des raisons qui ne nous intéressent pas maintenant – nous avons dû remplir des postes qui n’étaient pas satisfaisants ni sous le point de vue de nos qualifications académiques ni de nos attentes intellectuelles.

Déjà dans ma tendre jeunesse j’éprouvais le besoin de raconter des histoires à d’autres enfants. Des années plus tard, au lycée, je préférais nettement les examens écrits aux examens oraux, et je me souviens qu’un jour j’ai écrit un conte pour le cours d’Histoire qui a tellement plu l’enseignante qu’elle m’a demandé de laisser le manuscrit dans la bibliothèque du lycée. Poursuivre mes premières études universitaires en Lettres et Littératures me semblait donc être un choix non seulement tout à fait judicieux, mais aussi une activité agréable par rapport à ma routine professionnelle. Curieusement aussi, lorsque des années plus tard, pour mon cours scientifique, j’ai pris le chemin du campus universitaire une deuxième fois, l’opportunité m’a encore été offerte de continuer à donner libre cours à mon penchant pour l’écriture. Transformer cette passion en un “travail“ à plein temps après ma retraite était juste à la distance des touches du clavier de mon ordinateur…

Et comme la connaissance doit être partagée sous peine de devenir inutile, étant donné que je suis préoccupée avec les enfants et les jeunes et leur accès à la lecture et à l’éducation en général, écrire pour eux me semblait la bonne direction à prendre. Un premier livre – L’Aventure de Barry – fut ainsi publié en 1999, suivi deux ans plus tard par la version portugaise en CD-Rom. La recherche d’un éditeur est cependant une tâche si pénible pour moi – et n’oubliez pas que j’essaie de toujours suivre la règle des trois “ce qui vous plait” – que pendant des années j’ai mis de côté l’idée de ces contacts, jusqu’au jour où je me suis aperçue que ce n’était pas moins frustrant d’écrire pour… l’ordinateur!

Ma question maintenant est la suivante: est-ce que  je continuerai à avoir du succès avec mes nouveaux livres? Pour mener à bon port cette réussite, je compte non seulement sur les lecteurs membres de ma famille, mes amis et mes connaissances, mais aussi sur vous qui me lisez en ce moment. N’oubliez pas que mes livres sont pour des “enfants de tous les âges”! Et quel que soit votre âge, ne laissez pas s’endormir l’enfant qui sommeille en chacun de nous, car comme chantait le grand poète portugais António Gedeão:

O sonho comanda a Vida.
E sempre que um Homem sonha,
O Mundo pula e avança,
Como bola colorida,
Entre as mãos de uma criança.
  (Traduction)
Le rêve commande la Vie.
Et lorsque l’Homme rêve,
Le Monde avance et s’agite,
Comme balle colorée,
Dans les mains d’un enfant.

(in Pedra Filosofal, 1970)